Dans les politiques environnementales suisses, les enjeux de justice sociale ne jouent jusqu’ici qu’un rôle marginal. Les discussions se limitent souvent à la question de l’acceptabilité sociale des mesures, sans identifier précisément qui en est affecté et comment. 

C’est précisément là que notre méthode intervient : elle identifie et évalue deux catégories de risques – les risques de non-transition (p. ex. les risques climatiques, comme les canicules ou les fortes précipitations) et les risques liés à la transition elle-même (par exemple les impacts socio-économiques d’une interdiction des véhicules thermiques ou d’une taxe sur les billets d’avion). 

Cas pratique : mobilité

À partir du cas de la mobilité, les participant.es ont identifié les groupes de la population particulièrement exposés et vulnérables : p. ex. livreur.euses et soignant.es à domicile sans option de télétravail, habitant.es ruraux dépendants de la voiture, personnes à mobilité réduite. Les résultats ont été structurés dans des tableaux distinguant exposition et vulnérabilité. 

Les retours de l’atelier le montrent : l’approche est prometteuse et méthodologiquement exigeante. Les participant.es recommandent notamment de partir des impacts (conséquences concrètes) plutôt que des groupes de personnes, et de mieux distinguer exposition et vulnérabilité. Ces enseignements alimentent directement le développement de notre méthode. 

Contexte

L’atelier s’inscrit dans notre projet pionnier « Pour une Transition Juste en Suisse » (2024–2027), financé par la Fondation Mercator Schweiz. Après avoir répondu en 2025 au « pourquoi » et au « quoi » de la transition juste dans le contexte suisse (note de transfert de connaissances), nous nous penchons désormais sur le « comment ». Un projet parallèle – soutenu par la Fondation Hans Wilsdorf (2026–2029) – développe sur cette base une boîte à outils pour une politique environnementale juste en Suisse.